lundi 16 novembre 2015

Adieu Vercingétorix


Nous sommes tous le méchant de quelqu'un. Notre monde est fait d'affrontements et ce ne sont pas forcément les plus sages, les plus pacifistes ni les plus innocents qui triomphent. Mis à part le fait que chacun est convaincu d'avoir le bien de son côté, d'être dans son bon droit et souvent d'être de surcroît dans le camp des gentils parce que c'est ainsi ou bien parce que c'est la volonté divine, au final l'histoire n'en retient qu'une seule chose, ce sont les vainqueurs qui l'écrivent.  



Entre un terroriste et un résistant, tout est question de subjectivité et de quel côté on se trouve. Au Panthéon des grands hommes, on trouve des pacifistes et des guerriers. On peut être encensé par son peuple ou se voir décerner un Nobel de la paix et avoir pris part de manière plus ou moins directe à des meurtres, à des guerres, à des actes terroristes. De la même manière, on peut être désigné comme un ennemi, un monstre, un propagateur de haine par le fait d'avoir exprimé ses idées sans avoir jamais joint les actes à la parole.

Combien d'hommes politiques ont été unanimement salués avant d'être décriés et inversement ? Saddam Hussein, Nelson Mandela, Fidel Castro, Barack Obama ... Jacques Chirac lorsqu'il était aux affaires était un habitué des mauvais chiffres dans les sondages et des manifestations hostiles, alors qu'il est à présent l'une des personnalités politiques préférées des français, à l'instar de son ex-premier ministre. À l'inverse, l'ex-président brésilien Lula Da Silva idolâtré lorsqu'il était aux affaires est à présent très déconsidéré dans son pays et totalement oublié de la communauté internationale. 

Che Guevara, le commandant Massoud, Thomas Sankara ont du sang sur les mains. L'histoire retient pourtant d'eux l'image du héros mort pour ses idéaux. Nous ne devons pas ignorer qu'ailleurs, ceux qui sont des ennemis à nos yeux sont considérés comme des héros et des modèles admirés.
Ceux-là ne craignent pas la mort, elle les rend d'ailleurs éternels pour les leurs, elle les enveloppe d'une aura de martyrs. Ce n'est donc pas la mort qui effrait nos adversaires, au contraire. 

À notre époque, envahir un pays, détruire une armée, tuer ses chefs, n'éradique plus forcément la menace, l'époque n'est plus à l'affrontement entre militaires, ce sont les civils les cibles et ce ne sont plus des armées qui s'affrontent. Pacifier un pays ne permet pas de ramener la paix. En Afghanistan, au Mali, en Irak, en Libye, il y a plus de morts hors période de guerre. 
Aux racines du problème, il y a finalement toujours les mêmes origines, la pauvreté, le manque d'éducation et de perspective, la peur ... Pacifier un pays n'apporte pas la paix, le développement si.
Aux racines du mal il y a donc la misère. 
Dans un monde où il y a assez de ressources pour permette à tout homme de vivre décemment, aux origines de la misère il y a les inégalités, l'asservissement et l'exploitation. 
Aux origines des inégalités, de l'asservissement et de l'exploitation, il y a ...
Agir contre la misère, c'est agir contre la guerre et ce sera toujours une bien meilleure solution que de répondre à la guerre par la guerre. 
Les héros n'existent qu'en réponse aux injustices et aux inégalités. 
Sans misère, sans exploitation, sans injustice, pas besoin de héros et de martyrs, aucun homme ne nait pour devenir un combattant, seulement pour aspirer comme tout le monde à vivre heureux, à fonder un foyer et vivre en paix.
C'est la violence qui entraîne la violence. 

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