samedi 18 mai 2019

A gauche, serrer les rangs ou se casser les dents sur l'Europe


Dans une semaine se dérouleront les neuvièmes élections européennes. Alors que celles-ci interviennent après des mois d'expression politique, de mobilisation des gilets jaunes et de grand débat, ce scrutin si important soit-il semble surtout marqué par un désintérêt quasi général qui augure une forte abstention. Alors qu'en 1979, 60% des électeurs français s'étaient rendus aux urnes, en 2014 ils n'étaient plus que 43%, combien voteront en 2019 ?

Je vis dans une région, les Hauts de France, où la gauche a disparu depuis 2016 du Conseil régional pour laisser la place à la droite et à l'extrême-droite qui seuls, discutent, débattent et décident.
Ce qui aurait pu n'être qu'une situation à part, au sortir d'un quinquennat qui a profondément déçu les électeurs de gauche, apparait pourtant trois ans plus tard, comme de moins en moins inédit et surtout de plus en plus actuel.
Et si demain, la gauche demeurait et confirmait être insignifiante ou inaudible à l'issue des élections européennes ?

Face à un scrutin aussi important, nous ne pouvons pas nous permettre de voir disparaître la gauche française des bancs du parlement de Bruxelles ou la voir réduite à peau de chagrin.
Divisée, celle-ci part en ordre dispersé en ajoutant de la confusion et du manque de lisibilité à un scrutin qui déjà désintéresse malheureusement la majorité des électeurs.
Jour après jour, les sondages annoncent un duel entre la liste du Rassemblement national et celle de la République en marche. Jour après jour, ils annoncent la berezina à gauche.

34 listes, combien de programmes ? Autre constat frappant, de nombreuses listes n'ont même pas de programme à quelques jours du scrutin quand celui-ci ne tient pas sur une feuille A4 ...

Seule force politique de gauche à se démarquer, en quatrième position dans les sondages, la liste de Manon Aubry et des insoumis, rejoins par des socialistes, comme Emmanuel Maurel, mène campagne sur les thèmes de l'évasion fiscale, l'urgence écologique et climatique, la relocalisation écologique par le protectionnisme solidaire, l’agriculture paysanne, bio et de proximité, pour le progrès social, la laïcité, l'égalité et les services publics.

Il faut envoyer des hommes et femmes qui défendront les valeurs de la gauche à Bruxelles.
Pour cela, il n'y a que l'embarra du choix tant les listes de gauche sont nombreuses. J'ai de la sympathie pour plusieurs d'entres elles comme celle conduite par Benoit Hamon ou Ian Brossat notamment, mais dans le contexte politique actuel, tant que l'émiettement et l'absence de clarté réduiront la gauche à se disputer une peau de chagrin, nous laisserons les autres forces politiques l'emporter.

Parce que je veux donner du poids à la gauche dans les orientations futures de l'Europe, parce que la dispersion de nos voix nous condamne à n'occuper qu'un strapontin au parlement et parce qu'enfin il faut avoir l'intelligence de passer outre les différences et les étiquettes, pour se rassembler et oeuvrer collectivement à donner de la force à la gauche, mon bulletin sera celui de Manon Aubry, une jeune femme de gauche, combative et déterminée.
A vous de choisir le votre et quel qu'il soit, allez voter et exprimez vous.

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