jeudi 1 mars 2012

Au fond de la campagne, à la recherche de Dominique de Villepin

 

En marge de la campagne présidentielle, de la guerre que se mènent les grands candidats et des stratagèmes et plans com que déploient les outsiders dans l’espoir d’un décollage à la Bayrou, un homme seul et inébranlable, debout face à la « République des partis », crédité de 1% d’intention de vote et pourtant toujours le menton haut, seul contre tous : Dominique de Villepin.

 


Si si, il est toujours candidat et exclue totalement un éventuellement ralliement à Nicolas Sarkozy ou à tout autre candidat, sa candidature a un sens, celui de « rassembler tous les français, ceux de gauche, ceux de droite, ceux du centre et c’est l’idéal qui est le mien… de gaulliste.
 Issu d'une famille de la haute bourgeoisie, Dominique Marie François René Galouzeau de Villepin est fils de Xavier Galouzeau de Villepin, sénateur centriste puis UMP, et d'Yvonne Hétier, première conseillère de tribunal administratif.
Né à Rabat en 1953, il porte beau et à le sens du verbe. Diplomé de Science-Po et de l'ENA, il débute sa carrière comme Diplomate à l'ambassade de France à Washington et à New-Delhi de 1980 à 1993, puis devient Directeur de cabinet d'Alain Juppé, alors Ministre des Affaires étrangères. De 1995 à 2002, protégé du Président Jacques Chirac, il est Secrétaire général de l'Elysée.
Il est projeté sur le devant de la scène politique, en Ministère des Affaires étrangères de 2002 à 2004. Il prend alors de la hauteur et acquière l'image qui lui colle toujours à la peau et à laquelle il est attaché de chantre du Gaulliste, porte-étendard des anti guerre en Irak.
A partir de 2004, il hérite de cadeaux empoisonnés de la part de Chirac qui se sert de lui comme barrière face aux ambitions débordantes de Sarkozy. Il devient successivement Ministre de l’intérieur, jusqu’en 2005 puis Premier ministre jusqu’en 2007. Une fin de quinquennat moribonde, marquée par l’épisode du CPE en 2006 dont il ne se relèvera pas, l’affaire Clearstream qui le poursuit de 2004 à septembre 2011 et synonyme de l’inexorable ascension de Sarkozy, Président de l’UMP depuis novembre 2004, et Ministre de l’intérieur depuis juin 2005.
Villepin à qui l'on prêtait les plus hautes destinées lorsqu'il était Ministre des Affaires étrangères, n'a connu depuis 2004 qu’une interminable chute d’Icare.
Mais voilà, Dominique de Villepin est un romantique et au fond, sa mise à mort sur-théâtralisé lui a conféré un rôle sur mesure, celui de la victime. Il ne semble guère plus vivre que pour faire payer son triste sort à son ennemi juré, Nicolas Sarkozy.
Le voilà donc à présent en campagne contre "le nain". Deux hommes que tout oppose, à commencer par leur sens de la politique dans lequel Villepin n'excelle pas vraiment. Romantique mais pas fin politique pour un sous, voilà un art qui semble complètement lui échapper tant son parcourt depuis 2004 s’apparente à une série d’exemples à ne pas suivre dans le monde cruel de la politique.
Membre de l'UMP jusqu'en 2011, il avait évoqué dans la presse l’éventualité d'être candidat aux élections régionales de 2010 sur les listes de la majorité, ce à quoi le parti présidentiel lui avait adressé une fin de non recevoir.
Villepin n’a jamais exercé aucun mandat et c’est forcement un sacré handicap pour quiconque aspire à la fonction suprême.
Abandonné progressivement par presque tous ses soutiens, sa campagne est faite de bric et de broc et son écurie de fortune, République Solidaire, micro parti qu'il a lancé le 19 juin 2010 devant 6000 personnes à la Halle Freyssinet à Paris, revendique entre 20.000 et 35.000 adhérents, des chiffres impossibles à vérifier qui ont du mal à convaincre.
Depuis son retour sur la scène politique après le procès en première instance de l'affaire Clearstream, en octobre 2009, Dominique de Villepin a connu de nombreuses défections dans son camp de la part de parlementaires qui lui conservaient leur amitié ou le soutenaient : Hervé Mariton, Bruno Lemaire, Marie-Anne Montchamp ou Georges Tron, les trois derniers ayant cédé aux attraits d’une place au gouvernement. En avril 2011, il perd son porte-parole, le député Daniel Garrigue, qui démissionne de ses fonctions, dénonçant un manque de concertation sur le projet politique du parti et notamment sur sa mesure-phare: "un revenu citoyen".
Le 19 septembre 2011, à la surprise de ses adhérents, Villepin, qui est encore un très hypothétique candidat à la présidentielle, démissionne de la présidence de son parti, déclarant « J'éprouve la nécessité de me placer en dehors de toute structure partisane. » Sur Internet, les réactions de ses adhérents et sympathisants ne se font pas attendre, incompréhension générale.
Le 11 décembre dernier, Nadine Morano, Ministre de l’apprentissage et responsable des élections à l’UMP, résumait assez bien ce qui ne fait de mystère pour personne : « Dominique de Villepin est un homme seul, sans moyens financiers, sans mouvement politique... »
Loin de l'enthousiasme des Villepinistes lors du lancement du mouvement en 2010, l'heure est à la déroute.
Alors que Clearstream est derrière lui, alors que candidats de centre droit Jean-Louis Borloo et Hervé Morin se sont désistés tour à tour, alors que lui s'accroche, rien n'y fait, c'est le marasme. Pas plus de 2% dans les sondages et aucun signe de progression, rien. Et pourtant, que de promesses ! Encore le 11 décembre dernier, lorsqu'il créé la surprise en annonçant sa candidature à l'élection présidentielle lorsque plus personne n'y croit, l'UMP redoute les répercutions pour Sarkozy de ce concurrent qui offre alors une alternative gaulliste jugée sérieuse.
Avec des accents gaulliens, l'ancien Premier ministre, qui revendique sa liberté, a donc décidé de se frotter, pour la première fois, au suffrage universel ... et au suffrage tout court. Si on peut encore envisagé qu’il obtienne ses 500 parrainages, lui-même admet ne pas pouvoir remporter les élections.

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