mercredi 1 mai 2019

Ce triste premier mai


Quoi qu’il puisse à présent se passer, on peut déjà avoir une certitude concernant la Présidence d’Emmanuel Macron, c’est que son mandat restera pour toujours marqué par la crise dite des gilets jaunes.
Il y a dans la vie politique, des coups et des affaires politiques, des buzzs médiatiques et il y a, c’est plus rare, des évènements majeurs, profonds, symboliques et marquants, ce sont les évènements historiques.

Je n’ai pas pour habitude de taper bêtement sur un homme ou une femme politique, de dénigrer la personne ou l’adversaire, comme cela est malheureusement trop souvent le cas dans ce monde-là, mais, il faut admettre objectivement et le dire lorsque quelque chose ne va pas, lorsque celui ou celle qui détient le pouvoir est en décalage face à un évènement historique. Quelque soit l'opinion que l'on puisse avoir vis-à-vis du Président de la République, que l’on soit même l’un de ses soutiens, impossible à moins de simplement faire preuve d’une incroyable mauvaise foi, de considérer la gestion de cette crise comme réussie.

12 morts et 4000 blessés, voilà le bilan dramatique de la crise des gilets jaunes en France entre novembre 2018 et mai 2019, alors qu’au même moment de l’autre côté de la Méditerranée, un autre évènement historique, en Algérie était marqué par le pacifisme des manifestations et l’absence de répression.

Fin avril, ce qui se voulait être l’épilogue de ces mois de crise, a finalement fait, pour reprendre la célèbre onomatopée d’un ex-Président « pschitt. »
Contrairement au mouvement des gilets jaunes, l’intervention télévisée à l’issue de l’opération de reconquête dite du « grand débat », pourtant si préparée, jusqu’au bureau Gaullien et les accents mitterrandiens, n’avait rien d’historique et nul doute que l’histoire n’en retiendra rien, pas un mot, pas une phrase.

Dommage.
Dommage, car le Président de la République est passé à côté de cette colère populaire et d'une exaspération qui fait le lit de l’extrême droite et à laquelle il n'a pas su répondre, du début à la fin.
Dommage car au bout du compte, il n’y a qu’un gagnant à tout cela, ce n’est pas la droite, ce n’est pas la gauche, c’est l’extrême droite.
Sachant que le premier parti de la jeunesse dans notre pays est un parti d’extrême droite, il n’est pas inutile de s’inquiéter.

Alors quoi ? N’y a-t-il rien qui puisse freiner l’inéluctable ascension des nationalistes ? N’y a-t-il pas non plus de solutions aux revendications des gilets jaunes ? Certes, les revendications sont diverses, mais au fond, je suis convaincu que la colère populaire, quelque soit ce où elle se dirige, ses origines sont souvent sensiblement les mêmes et pour y répondre, il n’y a pas besoin de grands débats, pas besoin d’études d’opinion, mais surtout de répondre à un problème profond, celui du chômage, de la précarité et de l’emploi.

L’emploi, il y a bien eu des mots à ce sujet lors de l’intervention télévisée d’Emmanuel Macron, il y a même eu des promesses de « plein-emploi », mais rien de bien concret pour celles et ceux qui en recherche justement, seulement une annonce tape à l’œil.

En outre, l’environnement et l’écologie, auront été les grands absents de cet épilogue. Il n'y a pas eu de mots pour cela.
Pourtant, ces sujets doivent forcément être au cœur de toutes les politiques publiques aujourd'hui. Il ne peut pas en être autrement, alors que la dégradation de notre planète nous menace tous et les générations à venir plus gravement encore. Ensuite, et immédiatement, c'est le sujet social et au premier rang duquel la lutte contre le chômage qui doit animer urgemment et constamment l'action du gouvernement.
Il y a bien sûr de nombreux sujets capitaux tels que les politiques de santé et d’accès aux soins, d'éducation, de réussite scolaire, de formation professionnelle … autant de sujets qui sont au cœur d’une politique en faveur de la cohésion nationale. Il faudra un vrai new deal social pour répondre aux défis auquel fait face notre pays. Sans une réponse qui ne se limite pas à des annonces mais qui prend à bras le corps la fracture sociale et la précarité, aucun doute que le mouvement des gilets jaunes ne sera pas le dernier évènement historique de colère dans notre pays.

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