samedi 5 janvier 2013

Guerre, dictature et pauvreté : des maux afro ?

Illustration Damien Glez
Triste Afrique que celle qui s'expose quotidiennement ces jours-ci dans la presse. 
Guerre en Centrafrique, viols et enfants soldats en RDC au Nord Kivu, enlèvements et mutilations publiques par des fous de Dieu au Nord Mali ... Autant de drames qui renforcent immanquablement le sentiment déjà largement partagé d'une Afrique pauvre, chaotique, dévastée par les guerres et les famines. 
Comment alors croire en l'Afrique ? Les "afro-optimistes" sont-ils naïfs ou ignorants ?

Il faut déjà toujours garder à l'esprit qu'en premier lieu, parler de "l'Afrique" n'a finalement pas plus de sens que de parler de "l'Océanie", un territoire immense, éclectique, sans homogénéité humaine, économique, religieuse ...
Parler "des Afriques" seraient plus pertinent, tant il semble incohérent de mettre dans un même lot l'Algérie, le Rwanda, les Comores, le Sud-Soudan, la Guinée Équatoriale ou l'Afrique du Sud. Un hebdomadaire économique et financier africain a d'ailleurs pris ce titre "Les Afriques".
Le site SlateAfrique reprenait en juin 2012 le classement du Global Peace Index 2012, basé sur 23 indicateurs quantifiables qui listait dix pays d'Afrique réputés les plus sûrs, parmi eux la Tanzanie, le Maroc, Maurice et le Botswana.
On oublie souvent ne serait-ce que nombre de pays africains ont des taux de croissances à faire envier les occidentaux. La mortalité infantile du continent a chuté de 30 % en 20 ans et l'espérance de vie s'est accrue de 15,4 ans depuis 1950. On oublie que le continent compte un milliard d'africains, 54 pays et environ 2 000 langues vivantes parlées (soit le tiers des langues du monde).

Car pour un continent, combien de clivages et frontières ? Il existe certes une Afrique du chaos mais il existe aussi une Afrique de la réussite. Et puis, qu'il s'agisse de l'Afrique ou de n'importe quel autre sujet, les médias ne mettent-ils pas sous les projecteurs les sujets les plus dramatiques.

La République Centrafricaine est un pays qui n'a jamais connu de réelle expérience démocratique, qui ne possède aucun secteur économique autre que son secteur informel, un pays en proie aux guerres et divisions constantes. Pourtant, malgré cela les 4,5 millions de centrafricaines et centrafricains n'auraient-ils pas le droit que l'on parle d'eux et de leur pays pour d'autres raisons ? Ce pays n'a t-il aucune richesse culturelle ou naturelle ? Ne peut-on pas y trouver des femmes et des hommes de qualité ? Bien sûr que si.

Plus d'infos :
- Georges Courade, L’Afrique des idées reçues, Belin, Paris, 2006, 400 pages.
- Article de Jeune Afrique "10 idées reçues sur l'Afrique" du 10/08/2007

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